Les laits infantiles, fleuron des exportations françaises dans un marché en permanente évolution

Interview de Magali Bocquet,
Secrétaire Générale du Secteur Français des Aliments de l’Enfance

Qu’elle est la situation des laits infantiles à l’exportation ?

Les deux tiers de la production française sont exportés, dont 86% en dehors de l’Union Européenne. C’est cette forte demande hors UE, provenant principalement  du Maghreb, de la péninsule arabique et d’Asie du Sud-Est qui explique le quasi doublement des exportations depuis 2010. En 2014, la France a exporté 125 000 tonnes pour 605 millions d’euros mais pour la première fois depuis de nombreuses années, on constate un léger tassement avec une baisse de 8% des volumes exportés. La France conserve sa place de deuxième pays exportateur européen derrière l’Allemagne.

Cette légère baisse est-elle due aux nouvelles exigences réglementaires de la République Populaire de Chine ?

Même si notre  secteur s’est immédiatement mobilisé pour répondre à ces nouvelles exigences rentrées en vigueur courant 2014, nos exportations pâtissent des délais d’agrément imposés par les autorités chinoises aux sites de fabrication français (baisse de 40% de l’exportation en Chine en 2014). Saluons le travail réalisé main dans la main avec les services vétérinaires et FranceAgriMer pour trouver des solutions et obtenir au plus vite des agréments autorisant à nouveau l’exportation. La mobilisation de tous doit rester importante et aujourd’hui notre secteur est prêt à répondre à la demande  chinoise qui est en hausse.

Qu’attendez-vous des décideurs publics pour favoriser les exportations ?

Notre première préoccupation est d’obtenir de l’administration française les agréments pour nos usines qui sont le passeport indispensable pour les exportations. L’action du ministère des Affaires étrangères est également indispensable pour favoriser les relations commerciales à l’instar de ce qui se fait avec la Chine depuis quelques années. Nous espérons également le maintien d’une réglementation européenne spécifique pour les laits de croissance : ce serait bénéfique pour le consommateur européen et un gage de qualité à travers le monde.