Une alimentation spécifique jusqu’à 3 ans, c’est mieux pour les enfants

Si la diversification de l’alimentation de bébé commence dès le 4e mois, c’est surtout entre 1 et 3 ans que l’enfant découvre de plus en plus d’aliments, de saveurs et de textures. Mais il est trop jeune pour avoir une alimentation identique à celle des adultes.

La dernière étude Nutri-Bébé du SFAE (volet TN Sofres/Crédoc), réalisée tous les 8 ans depuis 1981, a montré qu’à partir de 12 mois, bébé est considéré à tort comme un adulte en miniature, avec une introduction trop précoce de certains aliments inadaptés.

Une alimentation spécifique abandonnée trop tôt provoque des carences…

Dès 12-17 mois sur la totalité des apports nutritionnels seuls 36% viennent des aliments spécifiques, ce chiffre descend à 9% pour la tranche d’âge 30-35 mois. Or c’est à ces âges que l’on constate chez les enfants un manque d’apport en matières grasses et en fer et à l’inverse un excès de protéines et de sel.

Dès douze mois, plus de 80% des enfants ont des apports en lipides inférieurs aux apports moyens recommandés par l’EFSA, alors que les besoins lipidiques du nourrisson sont 3 à 5 fois plus élevés que chez l’adulte. Ces apports insuffisants sont principalement liés à une phénomène de « lipidophobie », présent dans notre société, qui incite les parents à proposer à leur enfant du lait demi-écrémé de façon trop précoce et à ne pas ajouter de matières grasses dans leurs préparations maisons.

On constate également des apports en fer insuffisants entre 2 et 3 ans pour les ¾ des enfants. Cette carence résulte le plus souvent de l’abandon des laits infantiles au profit du lait de vache chez des enfants qui consomment, par ailleurs, peu de viande et d’œufs. Ce déficit en fer peut-être responsable d’un moins bon développement psychomoteur, d’infections plus fréquentes et peut éventuellement être associé à un ralentissement de la croissance.

… et des excès

95% des enfants de plus de 1 an ont des apports en sel supérieurs aux recommandations européennes. Cette consommation entraîne une sollicitation excessive des reins des tout-petits. Si les parents font globalement attention à ne pas ajouter de sel quand ils préparent les repas, ils ne réalisent pas forcément qu’une part de pizza, de quiche, le jambon, les gâteaux et viennoiseries apportent beaucoup de sodium.

L’apport en protéine est également trop important avec presque 4 fois plus de protéines que nécessaire à environ trois ans. Là aussi ce trop grand apport peut-être néfaste particulièrement  pour les reins.

Il ne faut pas oublier qu’un enfant qui mange trop salé gardera cette habitude tout au long de sa vie et que des apports excessifs en protéines peuvent entraîner un risque plus élevé de surpoids et d’obésité.

Les bénéfices du maintien d’une alimentation spécifique jusqu’à 3 ans

La réglementation qui s’applique à l’alimentation infantile impose que les produits destinés aux bébés contiennent la juste dose en protéines et peu de sel. Elle impose également que les laits infantiles aient des teneurs en lipides et en fer qui répondent aux besoins des tout-petits

Le SFAE espère que la rédaction du Plan National Nutrition Santé 4 (PNNS) sera l’occasion de rappeler les risques d’une alimentation non spécifique pour les 1-3 ans et de rappeler l’intérêt de donner 500ml/jour  de lait de croissance (soit 2 biberons) jusqu’au troisième anniversaire de l’enfant.